DEPISTAGE DES CANCERS

La guerre contre le cancer utilise plusieurs armes, parmi lesquelles les avancées thérapeutiques sont essentielles afin de lutter contre la maladie lorsque le diagnostic est porté, mais qui ne doivent pas faire oublier l'importance de la prévention.

La prévention dite «primaire» est celle qui permet de réduire l'apparition de nouveaux cas d'une maladie; elle vise à en faire disparaitre les causes et à diminuer les facteurs de risque, évitant donc l'apparition de la maladie. C'est par exemple la lutte contre le tabagisme, grand pourvoyeur de cancers du poumon, de la vessie,etc.

Le dépistage, quant à lui, fait partie de la prévention «secondaire», laquelle a pour but de déceler, à un stade précoce, des maladies qui n'ont pas pu être évitées par la prévention primaire. Il s'agit donc de détecter une maladie avant l'apparition des signes cliniques, de façon à pouvoir intervenir pour ralentir ou arrêter sa progression.

Toutefois, il n'est pas possible de dépister tous les cancers; il est nécessaire pour cela que plusieurs critères soient réunis, concernant la maladie elle-même, le moyen de la dépister, les traitements existants.

Ce dépistage peut faire partie d'une démarche collective à grande échelle, il est alors dit «organisé» et relève d'un cahier des charges établi et mis à jour par les autorités sanitaires, ou il peut être «individuel», décidé à l'occasion d'un dialogue singulier entre le patient et son médecin.

Pour mettre en place un dépistage organisé, un certain nombre d'éléments sont nécessaires :

EN RAPPORT AVEC LA MALADIE
Il doit s'agir d'un problème de santé publique en termes d'incidence (nombre de nouveaux cas), de mortalité, de coûts humains et de coûts de prise en charge.
L'histoire naturelle de la maladie doit être connue (durée de la phase préclinique, évolutivité, etc.).
Il doit exister un test diagnostique, permettant un diagnostic à un stade précoce avec un impact prouvé sur le pronostic (résultats du traitement à un stade précoce > ceux obtenus à un stade plus avancé).
Il doit exister des traitements efficaces.

EN RAPPORT AVEC LE TEST
Il doit exister !
Il doit être approprié (simple, bonne acceptabilité, dénué de risques).
Sa sensibilité et sa spécificité doivent être optimales.
Son coût doit être supportable par la société (test et prises en charge induites).
Des infrastructures de diffusion correctes doivent être présentes.
Il doit être répété à intervalles réguliers corrélés à l'histoire naturelle de la maladie.

Les bénéfices attendus du dépistage sont considérables, puisque l'on vise une augmentation des chances de guérison pour les malades dépistés, une mise en œuvre de traitements moins longs et moins lourds avec une réduction des séquelles liées à ces traitements, une réduction de la mortalité.

Des bénéfices financiers sont également attendus pour la société, avec une réduction du coût global de la prise en charge.

Ces bénéfices doivent être plus importants que les effets négatifs du dépistage, parfaitement connus et faisant régulièrement l'objet d'évaluations:
Les faux positifs, c'est-à-dire les cas pour lesquels le test de dépistage est anormal, conduisant à des examens complémentaires parfois désagréables (biopsies, etc.), chez des patients qui au final n'ont pas la maladie. Ces cas engendrent de l'anxiété et du stress chez les patients concernés.
Les faux négatifs, c'est-à-dire les cas pour lesquels le dépistage est négatif alors que la maladie est bel et bien présente; dans ce cas le patient est rassuré à tort.
Le «surdiagnostic» et le «surtraitement» de cancers qui n'auraient jamais modifié la qualité et la durée de vie du patient.
Le coût du dépistage.

Au final, ce sont actuellement deux cancers qui font l'objet en France d'un dépistage organisé à l'échelon national :
Le cancer du sein depuis 2004.
Le cancer colorectal depuis 2008.

Cette mission est confiée à des structures départementales ou interdépartementales qui gèrent le programme de dépistage organisé. Ce sont elles qui envoient les courriers d'invitation à passer une mammographie et à réaliser un test de recherche de sang dans les selles.

Leur mission consiste également à :
gérer et assurer la sécurité des fichiers des personnes ciblées par les dépistages ;
participer à l'information et à la sensibilisation des populations concernées ;
organiser la formation des médecins et autres professionnels de santé sur les dépistages ;
assurer le suivi des dépistages et veiller à la qualité du dispositif
collecter les données pour le pilotage et l'évaluation des programmes, et les transmettre aux autorités sanitaires centrales (Institut de veille sanitaire).

En Limousin, chaque département possède une structure de gestion des dépistages organisés:

CREUSE: ADOC 23 CORREZE: ADCCO HAUTE-VIENNE: SDDC 87
Dès 50 ans
dépistage tous les 2 ans

Journal officiel
Programmes de dépistage
des cancers
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